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Wikitour:Ouest Américain 2002

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Wikitour:Ouest Américain 2002

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C'est moi !!!


Avant Propos[modifier]

Le récit que vous lirez sur ces pages a été écrit au jour le jour soit par Marc soit par Manu (quelques fois les deux) au gré de leurs inspirations. Il a duré 21 jours. Nous sommes partis du 30/05/2002 au 21/06/2002. Le change était de 1 Dollar contre 1,10 Euros. Le budget par personne était de 2000 Euros ou 13 000 Francs. Il couvrait tout. Des billets d'avion à la location d'une voiture en classe économique en passant par le logement (à 99% du camping).

Lezard.gif

Nous avons parcouru environ 6200 kilomètres et traversé quatre états : principalement l'Arizona et le Nouveau Mexique ainsi que le Colorado et l'Utah. Nous avons visité la région des parcs nationaux se trouvant pour la plupart en Arizona et en Utah. En espérant vous donner l'envie de réaliser un rêve....

Premier soir[modifier]

Seize heures trente-cinq, arrivée à Phoenix. Après quinze heures de vol, nous voila arrivés. Première nouvelle : nos bagages ne sont pas là. Deuxième : c'est le désert, la chaleur est harassante, écrasante. C'est comme si lorsque nous marchons, nous avions des radiateurs partout autours de nous, collés à nous et qui chauffent en permanence. Taxi, Motel, burgers. Voila à quoi peut se résumer notre première soirée. Nous nous familiarisons avec les Américains, les dollars et le reste. Ici, les routes sont en lignes droiteset perpendiculaires les unes par rapport aux autres. Elles font toutes environ vingt mètres de larges.

Rue phoenix.gif

La ville est entourée de petites montagnes et il y a quatre aéroports. Elle n'a aucun charme particulier, tout est carré. Nous sommes pressé de prendre la route mais pour l'heure, après vingt-quatre heures de veille nous nous écroulons de fatigue.


Premier jour[modifier]

Après une courte (très courte) nuit, décalage horaire oblige, nous commençons notre deuxième journée. Nous sommes inquiets au sujet des bagages car nous n'obtenons pas de renseignement par téléphone. À midi, nous passerons prendre la voiture et nous irons à l'aéroport prendre des nouvelles. Au fait, à huit heures du matin il fait déjà trente degrés. Ça y est nous nous avons la caisse. Bonne surprise, il ne s'agit pas de la classe économique que nous avions réservée mais du modèle supérieur. L'aventure commence...

En route vers sedona.gif

Marco panique un peu avec la voiture la première heure. Après on se fait vite à la conduite Américaine. Respect absolu des limitations de vitesse, courtoisie, aucun coup de klaxon bref pas une conduite latine. On décide en attendant les bagages d'aller acheter la glacière, le réchaud et quelques courses. On est tellement crevé qu'on fonctionne au ralenti. On met cinq heures pour acheter trois bricoles. On en a marre de Ph?nix. On est pressé de quitter cette ville. Dix huit heures, on a enfin nos bagages. On est trop fatigué pour prendre la route. À contrec?ur, nous retournons au motel. Demain le voyage commence...


Deuxième jour[modifier]

Soulagés nous quittons Phoenix avec Sixteen Horse Power. Direction Flagstaff. Manu est au volant, je regarde la diversité des véhicules (beaucoup de 4x4), l'inter state 17 est spacieuse, le soleil tape (Climatisation ABSOLUMENT INDISPENSABLE !!!). Après 140 miles (200km),le désert avec ses cactus apparaît puis le paysage change un peu. Les cactus laissent place à de grands buissons. Des pitons rocheux rouges apparaissent.

Nous sommes maintenant tout proche de Sédona. Nous jubilons comme des " Swamis ". Nous trouvons une place dans un camping le long de l'Oak creek, place numéro seize. L'endroit est super, une petite rivière bordée de roche rouge et de pins nous apaise. Après notre arrivée, le camping annonce " complet ". Nous allons passer la fin de l'après midi dans un parc. Le Slide Rock Park. L'endroit est beau. Rivière et hautes falaises rouges. Manu se baigne et joue avec les gosses. Je trouve l'eau un peu froide, mais dans l'ensemble tout est bien. Retour sur Sédona et deuxième course dans un supermarché un peu chic. La viande de b?uf nous attire irrésistiblement. On trouve du Brie de Meaux (enfin, c'est ce qu'il y avait marqué sur l'étiquette car au goût c'était plutôt du Brie de Sédona). On s'arrête à une des rares terrasses boire une bière. La barmaid me fait goûter les différentes variétés. Nous repartons de nuit vers le camping. Sixteen Horse Power est vraiment la musique adéquate la nuit sur les routes US. Arrivée au camping, la nuit, quasi obscurité. Manu monte la tente sous les phares de la voiture pendant que je prépare notre repas à la lampe torche. Repas à la lumière des bougies. Nous sommes un peu déçus car dans le noir je n'ai pas pu prendre réellement soin du repas. Dodo, le sommeil est aussi rapide que le réveil à quatre heures du mat. Le décalage horaire est encore là.

Sedona red rock.gif


Troisième jour[modifier]

Nous allons visiter Bel Rock. Les indiens se rendent sur ce rocher car ils le considèrent comme un lieu énergétique de courants telluriques (vortex). Nous sommes saisis par l'immensité de l'endroit. Des pitons partout où nous regardons. L'étendue s'étend à perte de vue. L'endroit semble très ancien, une autre ère, une autre dimension. J'imagine l'Atlantide dans un autre espace-temps aux origines du monde. L'après-midi, petite sieste au bord de la rivière, le vent souffle dans les arbres. Nous retournons ensuite au Bel Rock. Tentative de monter au sommet. Le vertige arrête notre escalade aux deux tiers. L'esprit franchouillard nous reprend

Sedona bell rock.gif

Une petite cigarette malgré l'interdiction ... Et nous zappons de payer le pass pour l'accès au site. Tout, absolument tout est payant. Nous sommes aux États-Unis. Manu est tellement fatigué qu'il laisse le moteur en route avec les clés dessus pendant que nous faisons les courses. Le soir nous trouvons une terrasse avec une belle vue sur Sédona. Nous invitons une américaine à venir à notre table. Elle s'appelle Michelle et est sympa. Manu est un peu cassé. Elle nous laisse ses coordonnées sur Phoenix. Peut-être passerons-nous la voir au retour. Retour à la tente. Nos voisins, un jeune couple Texan, me proposent de fumer Gérard. Dodo...


Quatrième jour[modifier]

Départ pour la réserve Hopi. Cette dernière est au c?ur de la réserve Navajo. Après la traversée d'une forêt et une brève halte à Flagstaff, nous traversons Painted Désert. Manu se fait envoyer balader par un flic pour un renseignement. Arrivés au c?ur de la réserve Hopi, nous constatons que l'endroit n'est pas touristique. Encore une fois les paysages sont de vastes étendues rocailleuses et sans verdure (les terres les plus arides ont été refilées aux indiens). Maintenant, il n'y a plus que des indiens et pratiquement aucun touriste contrairement à ce qu'on croyait. Keams Canyon. Le camping. Un trou paumé. Trois mobil-homes et notre tente. Et encore, un des mobil- homes est occupé par l'institutrice et les deux autres sont apparemment vides.

Reserve hopi.gif

Un indien garde le camping avec ses chiens et son gros 4x4 rouge. Une station-service, un snack et une superette servent de point de convergence pour tous les petits villages disséminés. Il n'y a apparemment rien à faire ici excepté la visite des trois anciens villages Hopi chacun respectivement sur la First mesa, Second mesa et Third mesa. L'ambiance change radicalement du développement touristique de Sédona. L'esprit aussi change radicalement. Fini les " salamalek " et les " you're welcome ". Les indiens me paraissent plus " simples " et plus secrets aussi. J'ai toujours le sentiment qu'après avoir parlé avec l'un d'eux qu'ils sont " cools ". J'ai demandé un renseignement à un flic de la police tribal (BIA), rien à voir avec le flic Américain qui, après lui avoir demandé si il pouvait m'aider, ma répondu d'un ton agressif " I'm busy now " (il était en train d'aligner une indienne dans son 4x4). Après avoir posé la tente nous partons à la recherche les anciens villages. Nous quittons la route principale et nous nous engageons sur des chemins déglingués. On a l'impression d'être dans le bush Australien. Le sable est ocre. Le silence est saisissant. Malgré une bonne carte routière et après deux bonnes heures de trajet, impossible de mettre le main sur un des trois anciens villages Hopi Nous n'arrivons pas à lire la carte. À chaque fois que nous pensons être sur telle route, nous sommes sur une autre. Comme dit Marco, " les villages se méritent ". Au détour d'une route un vieil indien au bord de la route fait du stop. Manu le fait monté à l'avant. Après quelquesmiles et nous avoir demandé d'où nous venions, nous l'arrêtons devant l'entrée d'un champ. Un gros orage s'annonce. Retour à la tente vers vingt heures. Nous souhaitons manger au snack car la pluie et de grosses rafales de vent s'abattent maintenant. Le snack est fermé (nous sommes à Keams canyion). Nous nous rabattons sous le porche du snack pour manger (de nuit encore).

Keams canyon.gif

Cinquième jour[modifier]

Nous décidons de partir et de prendre la route en direction du canyon de Chelly. Mais avant de partir, nous sommes bien décidés à trouver les villages Hopi. Nous constatons que le liquide de refroidissement est à sec. On demande à l'indien qui s'occupe du camping de l'aide. Casquette, la quarantaine, teint halé, cheveux noir très fins et longs. Le cliché. Il nous passe du liquide. En échange, nous lui donnons un paquet de cigarettes. Il entame la conversation avec nous (serait-ce l'échange ?). Il nous demande d'où nous venons, où nous allons etc... Il nous demande si nous aimerions assister aux danses Hopi qui se dérouleront tout le week-end prochain du lever du soleil au coucher dans les anciens villages. Danses traditionnelles avec les costumes. Nous le questionnons. Il nous parle des nombreux clans Hopi. Ceux du soleil, ceux du feu etc... "Tiens, regardez le 4x4 qui passe, c'est le chef du clan du feu ".

De leur société matriarcale. Les femmes possèdent tout. Si mariage il y a, l'homme s'installe chez la femme. Si divorce, l'homme, part sans rien emporter. Il nous parle aussi du " grand chef ", celui qui dirige tous les clans. " Il y a Georges Bush et juste après le chef des clans " dit-il avec humour. Il nous reprécise que les photos sont rigoureusement interdites. Il insiste aussi beaucoup sur le fait que la société Hopi est très secrète. La partie émergée de l'iceberg pour tous le monde et le reste secret. Il vient d'une autre tribu. Il est venu pour aider les Hopis lorsque ceux-ci avaient des difficultés avec les Navajos. Le chef lui a donné ce terrain de camping. Nous le quittons en lui donnant rendez-vous samedi prochain pour les danses. Cela n'était pas prévu, nous allons devoir modifier notre itinéraire. Village Hopi. Perché sur la première mesa. Aucune difficulté à le trouver. Interdit de se promener dans les villages (les trois). En fait un guide propose une visite. Ok, dix dollars. Nous sommes avec un groupe d'américain. Il n'y a pas grand-chose d'ancien dans ces villages. En fait ce qui est ancien c'est les habitations du bout du village et l'occupation proprement dite par les habitants, depuis cinq cent ans parait-il. Nous ne comprenons pratiquement rien à ce que raconte le guide. Nous sympathisons avec le groupe. Marc plus particulièrement avec la belle blonde. Nous ne verrons pas le troisième village car celui-ci est interdit. Huit familles y vivent depuis plusieurs générations. Je ne suis pas très à l'aise dans ces villages car j'ai l'impression d'être au zoo. Nous passons dans les rues, les gosses jouent, les gens vivent. On les regarde, ils nous regardent....

PS (de Marc) : Au village Hopi, le groupe avec la belle blonde nous entoure et nous devenons la première curiosité (nous sommes les seuls européens). Plus haut pendant la visite, je ne sais pourquoi mais c'est ainsi les chiens Hopis viennent me coller et commencent à gémir d'affection. Je vois Manu, ainsi que tout le groupe, amusés. La belle blonde me laisse son itinéraire futur et ça me flatte. Nous reprenons la route direction : Canyon de Chely. Nous pique-niquons comme deux rois soleil rencontrés sous un arbre dans le désert. Deux bons steaks sous quarante degrés à l'ombre. Après une heure trente de route, nous arrivons au canyon. L'ensemble, comme je m'y attendais est très touristique et très organisé. Après quelques courses, nous partons voir le canyon au coucher du soleil. Celui-ci est immédiatement saisissant par ces couleurs rouges et oranges et sa configuration. Là encore, ça nous plonge dans un autre temps. Nous apercevons au loin les premières ruines des villages Anasazi sous les falaises. Je peux imaginer ce que pouvait être leur vie dans ces temps-là, quelque chose de très spirituel. Ce qui reste agréable, c'est que finalement, en cette période, il n'y a pratiquement aucun touriste (à part quelques touristes américains qui visitent leur pays). Encore une fois nous dînons de nuit. Prestige salade. RE PS (de Manu) : CLIMATISATION ABSOLUMENT ESSENTIELLE


Sixième jour[modifier]

Nous sommes maintenant repassés dans la réserve Navajo. Canyon de Chelly. Dix heures, nous entamons la descente à pieds du canyon dans le seul accès gratuit. White House Rock. Il est indiqué que la ballade dure environ deux heures. Pour ce qui devient une habitude, l'endroit est superbe. De grandes falaises ocres parsemées d'arbustes. En bas une oasis de verdure au vert étincelant. Nous imaginons la vie des Anasazis, un petit goût de paradis. Après une longue descente, les première ruines sous la falaise. L'ensemble est toujours grandiose. Une halte prolongée sous les arbres au milieu de quelques artisans indiens. Nous remontons avec une classe d'école Navajo. L'après-midi, Manu sieste. Pendant les courses, des clochards Navajo se heurtent.

Spider rock.gif

Aussi les " anciens " traditionnels sont beaux. Les turquoises, les regards, les coiffes. Ce qui est amusant c'est de les voir faire leur course dans des supermarchés, avec leur caddy et prendre des champignons de Paris. Vers quatre heures, nous partons sur l'autre versant, le canyon Del Muerto. Chaque vue est toujours aussi impressionnante. Encore une fois pratiquement aucun touriste. Nous verrons quatre français. Dernier point de vue. On scotche. Il n'y a plus personne. Le silence nous imprègne. Le soir nous cherchons un snack dans Chinle. Nous réalisons que la réserve Navajo a une heure de décalage avec le reste de l'Arizona. Tout est fermé. Nous nous rabattons sur des burgers après avoir tourné dans la petite ville. Nous les mangeons au camping. Encore une fois, de nuit...

Nous nous demandons quelle suite donner au voyage. Après consultation des cartes, nous décidons de partir demain pour le mythique Monument Valley enfin de rester dans le secteur des danses Hopi qui se dérouleront dans trois jours.


Septième jour[modifier]

Lever du camp pour Monument Valley. Deux cents kilomètres qui passent très rapidement. L'attente de voir les lieux se fait grande. Les pitons se dessinent. Les camping-cars sur la route nous laissent supposer qu'il y aura pas mal de touristes. Les lieux ne nous saisissent pas immédiatement. Le camping, à notre grande surprise est quasi vide. Il dispose d'une petite piscine dans laquelle nous nous précipitons comme des gosses (la chaleur est moins écrasante qu'a Phoenix, mais il fait toujours trente-huit degrés de moyenne à l'ombre). Vers quatre heures, nous entrons dans le parc de Monument. Nous tournons sur un chemin d'environs vingt miles (35 kilomètres) autour des pitons.

Monument valley.gif

Le lieu est étrange et toujours une vue jusqu'à l'horizon. L'étrangeté des lieux fini par nous envoûter, par nous saisir totalement au coucher du soleil. L'ensemble est grandiose, magique. Nous quittons les lieux de nuit. Le camping est curieusement occupé par des français. Monument Valley est un lieu ou l'on peut connecter d'autres espaces temps. Cela nous fait penser un des pistes d'atterrissage pour des Ovnis.


Huitième jour[modifier]

Nous reprenons aujourd'hui la route pour la réserve Hopi. Quelques allers et retours dans la piscine du camping avant de partir. Nous souhaitons nous renseigner sur les tours en jeep pour visiter encore une fois Monument sur les pistes non accessibles pour les véhicules de tourisme. Seulement pour accéder aux infos, il faut repayer l'entrée du parc. C'est mal foutu. Après l'avoir fait remarquer au gardien de l'entrée, celui-ci s'énerve. Après une pause déjeuner dans une cabane resto tenu par des Navajos à la sortie du parc, en route pour les danses. Sur la route, nous allons visiter un autre parc : National Navajo Monument. C'est un petit canyon avec de très belles ruines bien préservées. Vers seize heures, nous sommes sur les pistes qui ramènent à la réserve Hopi.

Route reserve hopi.gif

Y'a du ras- le-bol dans l'air. On s'arrête fumer une cigarette sur le bord de cette piste chaotique. Le premier Navajo, s'arrête et nous demande si tout est ok, si nous avons besoin d'aide. C'est toujours cool cet esprit d'entre aide. Enfin, je suis pris par un coup de blues, une lassitude. Recamper dans le trou Hopi (quand même un peu le trou du cul du monde), ça ne me réjouit pas. Le premier camping : désert, pas d'ombre, pas d'eau, donc pas de douche et pas de chiottes finit d'achever mon moral. Manu aussi semble en avoir pris un coup. Nous retournons sur celui de Keams Canyon. Cette fois, c'est une indienne qui nous accueille. Elle parle comme un disque rayé, elle répète toujours la même chose. Nous nous demandons si tout va bien dans sa tête. Cette journée nous a sérieusement entamé le moral. Fatigue ou désert ? Peut-être les deux ?


Neuvième jour[modifier]

Réveil à Keams Canyon. L'endroit est toujours aussi paumé. Vers onze heures, on lève le camp. Direction first mesa. Plein de voitures. Pleins de monde. Que des indiens. On ne verra qu'une dizaine de touristes en tout et pour tout. On suit le mouvement. On grimpe une échelle. On se retrouve sur les toits. Là, le choc. La magie des danses opère tout de suite. En bas, une grande place carré entourée de veilles maisons. Pas mal de monde sur les toits et en bas. Au milieu le tambour bat la mesure et une quarantaine de danseurs l'accompagnent avec crécelles en main et grelots attachés aux chevilles. Nous sommes projetés mille ans en arrière. Les costumes sont sublimes. Kachinas, animaux (ici pour en savoir un peu plus). Midi, pause pour les danseurs. On redescend et l'on mange à l'ombre du camping de Keams. Vers treize heures, nous allons voir à la seconde mesa que nous n'avons pas encore vue. Encore plus de bagnoles. Nous laissons la nôtre sur la route sur le bas coté. Nous finissons le trajet à pied. Échelles, toits, idem mais il y a beaucoup plus de monde. Les danseurs sont plus nombreux. Environs soixante dix. Toujours rythmés par le tambour, les crécelles et les grelots. Il y a aussi sept clowns qui ont le corps enduit de terre et coiffés de gros bonnets (il fait toujours à peu près 40 degrés).Les costumes des danseurs sont encore plus beaux et colorés. Ils portent tous des masques aux couleurs joyeuses. Certains font peur. Ils représentent soit des Kachinas soit des animaux. Le hibou, le loup, le cerf, le bélier etc.. Photos toujours interdites. C'est dommage et c'est parfait en même temps. Il y a aussi un grand-père avec une plume dans la main. Il dirige les danses.

Perte de vue.gif

Marc et moi sommes totalement hypnotisés. Les danseurs sont en transe. Les clowns font rire tout le monde. Ils se moquent des danseurs. Les prennent à partie un à un. Ils l'entourent, lui crient des choses qui nous restent incompréhensibles mais qui font bien rigoler le public. On voit bien que leur rôle est de désacraliser cette cérémonie. De ne pas trop se prendre au sérieux. C'est au tour du grand-père. Les gens rigolent. Le vent s'est levé. Il y a une mini tempête de sable. Nous en prenons pleins la tronche. Marc met son foulard et moi, je mets un T-shirt sur ma tête. Nous sommes très surpris du peu de touristes. Une quinzaine à tout casser. Au bout d'une heure, les danseurs font une pause. Ils se retirent. Seuls les clowns restent. Des femmes en costumes traditionnels apportent de la nourriture en quantité à ces derniers. Certainement offerte par les habitants. Après le repas, les clowns distribuent le surplus de nourriture à tout le monde. Les danses reprennent. Les danses reprennent. Un des danseurs a un malaise. Il faut dire que sous leur costume et leur masque, il doit faire très chaud. Sans même parler de l'endurance requise (deux jours de danse non-stop). Un des clowns le fait sortir. Envoûtés, nous avons du mal à quitter cette cérémonie. Nous prenons la route vers dix sept heures en direction du Chaco Canyon.

Celui-ci étant trop loin, nous ferons étape dans les Chuska Mountains. Nous galérons pour trouver le camping. Il reste une dernière place au bord du lac. Une fois de plus nous mangerons de nuit. PS (de Marc) : Durant le trajet, nous nous préparons au cimetière des éléphants en plein désert afin que la surprise reste acceptable (le désert commence à nous user). Nous rêvons de verdure et d'eau. Le camping est paumé. Nous nous engageons sur une route destroy sur 30 km. Le lieu est isolé. Les roches sont magnifiques, et cette fois, l'endroit est boisé. Au bout de la route, une barrière fermée avec un écriteau : Camping " only reservation ". Nous déchantons. Il est dix neuf heures et le prochain camping se situe à cent miles plus au sud dans la réserve Zuñi. Nous apercevons un lac avec une voiture des Rangers. Manu part leur demander s'il serait possible de camper au bord du lac. Le ranger lui indique un camping sur l'autre rive. L'espoir revient. Le gardien nous donne la dernière place, la quatorze. Nous y allons, mais celle-ci est déjà occupée. Après quatre tours du camping, nous partagerons l'emplacement numéro deux. Il y a seize places. Toutes occupées par des indiens. Le camping, comme dit Manu, est " plus vivant ". En effet avant de m'endormir, j'entends rire aux quatre coins. Ce qui donne un caractère enchanté au pays de l'enchantement (nous venons de franchir la frontière et sommes maintenant au Nouveau-Mexique).


Dixième jour[modifier]

Départ pour Chaco Canyon. Une petite halte à Asayi Lake qui est en fait l'endroit où nous avons campé. Tous les Navajos pêchent en ce dimanche matin. Nous prenons la route, boisée cette fois, ce qui nous réjouit, mais pour un temps seulement car la forêt s'arrête net pour laisser la place au désert. Mais cette fois, pas même un buisson, pas même un arbuste. Des routes chaotiques, 60 km environ, commencent sérieusement à nous entamer. Je n'ai plus envie de faire la cuisine. Nous ne croisons absolument personne sur ces routes, excepté quelques vaches et des chevaux sauvages. Nous rêvons d'un snack au détour d'une route. Nous serons à moitié exaucés car cette route aboutit à une épicerie au croisement d'une route plus importante.

Marco manu.gif

Le temps d'un hamburger chauffé au micro-ondes, le store ferme juste après notre passage. Nous arrivons plus tard au Chaco Canyon. Les couleurs changent, elles sont plus blanches et le désert est plus blanc. Nous entrons dans le parc en fin de journée . Nous sommes impressionnés par la taille des villages Anasazi, mais, fatigués, nous stoppons la visite que nous reprendrons demain matin avant de partir pour Taos.


Onzième jour[modifier]

Visite du Chaco canyon. À pied cette fois : trois heures de marche pour aller voir les pétroglyphes et les pictogrammes. De retour à la voiture, nous sommes lessivés (Il fait toujours extrêmement chaud et nous sommes parti à 11 h en tong et avec vingt cinq centilitres d'eau par personne). Manu avec son bâton et son T-shirt sur la tête ressemble à Moïse. Un sandwich et on part en direction de Santa Fé (environ 300 km de route). On en a marre des déserts et des cailloux, des plaines à perte de vue. On rêve d'un petit camping douillet au bord d'une rivière dans une forêt. Pause vers cinq heures à Espanola. On a la dalle. On mange dans un burger local. Repas typique, à l'américaine. À Espanola, la caissière n'a pas voulu me vendre un pack de bières parce que je n'avais pas ma carte d'identité. (Depuis que nous sommes entrés dans les réserves, l'alcool est interdit).

Do not feed wild life.gif

On rame un peu à trouver le bon chemin du camping. Nous nous enfonçons encore une fois de plus dans les territoires. Nous arrivons dans un tout petit village, bien isolé. On nous indique que le camping est 10 miles plus loin, la nuit est sur le point de tomber, et lorsque nous arrivons au camping, celui-ci est fermé. On est dépités. On repart à la recherche d'un autre camping la nuit. Après 60 miles (100 bornes), on se rabat sur un camping sur les bords du Rio Grande. On plante la tente sous les phares de la voiture. Des milliers d'insectes tournent autour des phares. On entend des cris d'animaux étranges sortant des roseaux. On boit une bière et lessivés on s'effondre de sommeil.


Douzième jour[modifier]

Journée pause et détente. Nous apercevons notre premier coyote sur la rive du Rio Grande. Celui-ci a des vues sur un canard sauvage. Une sieste sous l'arbre en fin de matinée. Contents de cuisiner deux steaks. Après, nous repartons pour une sieste. Vers 15h30, nous nous baignons dans le Rio Grande. Les truites de la région ne sont pas farouches. Elles s'approchent au point que l'on peut même les toucher. En fin de journée, nous allons à Taos. Cette petite ville détient un charme par ses maisons en adobe et a tout de même un petit côté surfait. Une terrasse nous appelle, quelques bières bien rafraîchissantes, nous cherchons une adresse indiquée dans le routard. C'est un restau bar avec une terrasse très abritée et très ombragée.

Rio grande.gif

Nous buvons une bière à nouveau dans le bar qui est vide vu qu'il est tôt. Nous partons manger une part de Pizza et le patron de celle-ci nous apprend que la France a perdu contre le Danemark (c'est la coupe du monde en France). J'aurais souhaité poursuivre la soirée, mais Manu est crevé et nous retournons au camping. Nous prenons soin de planquer les poubelles car la nuit précédente, un chien, voire peut-être même un coyote est venu fouiller dans les sacs poubelle et foutre un bazar pas possible. Je suis réveillé à cinq heures du matin par le chant des oiseaux. Leur multitude et leur diversité pourraient faire croire qu'on est dans la jungle.


Treizième jour[modifier]

Santa Fe. Une jolie ville à la Mexicaine. C'est une journée glande. Dans un Burger, on sympathise avec un indien Crow du Montana. C'est un chanteur traditionnel, il nous fait écouter ses chants. On déambule dans la ville, on fait surtout les boutiques, tout est très cher et beaucoup de choses nous paraissent en toc. Une pause sur la pelouse du Zoccalo, retour au camping. Sur le retour, on passe par les vieux villages pueblos. Une petite baignade dans le Rio Grande avant le dîner.

Santa fe.gif


Quatorzième jour[modifier]

Départ pour Moab (Utah). Nous quittons le Rio Grande vers 10h. On s'arrête à Taos dans un grand Trading Post qu'on avait repéré où il y a beaucoup d'artisanat indien de toute l'Amérique. Un peu plus authentique que dans tous les autres magasins. On fait nos achats ici. On repart deux heures plus tard. On quitte le Nouveau-Mexique, on entre dans le Colorado. Une petite halte dans une petite ville. On mange dans un restau à la cow-boy, tout en bois, avec des affiches d'époque des " Dalton Wanted ". Cette fois beaucoup de ranchs et de prés (un peu de verdure, ça fait du bien). On réalise qu'on ne pourra pas faire toute la route jusqu'à Moab, donc on cherche un camping aux alentours de Cortez, enfin on passera la nuit dans un camping à Dolores. Il nous reste 150 km à parcourir.


Quinzième jour[modifier]

Le désert est de retour. Moab est une petite ville touristique entourée de roches rouges. Le camping est en plein centre ville, et est constamment arrosé des flocons de cotons qui tombent des cotonniers. Nous plongeons rapidement dans la piscine et vers 16 h, nous allons à Arches National parc. Le parc est toujours spectaculaire, il comporte une route de 30 km. Les formations rocheuses sont très diverses, le parc comporte 2000 arches, les roches nous font penser à des champignons ou à des phallus. Un coyote traversera la route et nous approcherons une biche de très prés. Fatigués par la route d'hier, nous reprendrons la visite demain. Nous reprenons des forces pour le trek. Le soir, nous nous immergeons dans une taverne. Un plongeon dans le passé, car la musique n'est que du hard rock.

City market.gif

Les morceaux nous rappellent des souvenirs, ambiance locale, nous allons manger juste à côté dans un Burger et nous revenons à la Taverne. Les " locaux " ont une bonne énergie : quand ils dansent, ils se lâchent complètement comme des enfants. À 1h du matin, la taverne ferme et nous quittons les lieux, comme nous quittons le " mécano " à Paris, bien éméchés. Heureusement, le camping est très proche. Cette fois, il est plein, et toujours arrosé des duvets de coton.


Seizième jour[modifier]

Après notre soirée et une courte nuit de sommeil, nous ne sommes pas très frais. Nous décidons de remettre la visite d'Arches National Park à demain et glandons toute la journée. Piscine, sieste, boutiques, email et dodo. À mon grand étonnement, Marc repart en virée...


Dix-septième jour[modifier]

Troisième nuit à Moab. À midi nous partons finir la visite d'Arches National park. Nous allons tout en haut de Landscape Arche. Celle-ci fait vraiment penser à une porte. Pause pique-nique. Nous repartons 30 miles plus loin, au Canyonlands. Dead Horse Point, sublime, nous sommes en haut et voyons à perte de vue les canyons traversés par le Colorado. Respect... Plus loin, nous allons ensuite vers la deuxième entrée, Iceland in the sky. Un bout de terre s'enfonce dans le vide, d'ou son nom, l'île dans le ciel. Nous finissons par le Grand View Point.


Dix-huitième jour[modifier]

Départ pour le Grand Canyon. Sur la route, nous partons visiter une autre partie de Canyonlands, The Needle. Ce parc ne ressemble en rien à ce que nous avons vu auparavant. Les roches sont blanches, et beaucoup en forme de champignons. Un pique-nique à Elephant Hill. Plein de "cacatoès bleus" et de souris du désert (que Manu appelle des écureuils). Le silence est toujours aussi prenant dans ces lieux isolés. Suite de la visite, Newspaper Rock... 50 miles plus au sud, halte à Bluff. On décide de passer la nuit dans un motel sympathique, un peu de confort ne nous fera pas de mal. Il est 19 heures, la chaleur nous pousse dans la piscine du motel.

Bluff.gif

Le cadre est agréable, il est très vert avec beaucoup d'arbres. Les oiseaux-mouches viennent manger au-dessus de nous. Nous partons manger dans le village. Premier restau sur une terrasse. Le plat est proportionné aux espaces (1/2 poulet par personne). On est repu. 10 minutes de Goldfinger à la TV sur ABC et dodo.


Dix-neuvième jour[modifier]

Encore un saut dans la piscine avant de repartir pour le Grand Canyon. Les routes sont toujours aussi droites et interminables. Les habitations navajos sont disséminées un peu partout dans le désert, assez éloignées les unes des autres (la plupart ont un hogan, habitat traditionnel Navajo). Nous repassons devant Monument Valley pour rejoindre le Grand Canyon. Nous faisons une pause à Kayenta, dans un supermarché Navajo (Les navajos ont leur propre chaîne de supermarché, les Dineh market À côté de nous, deux anciens navajos parlent dans leur langue.

Camping grand canyon.gif

C'est l'indian time. Vers 17h nous arrivons au camping du Grand Canyon. Dix dollars à mettre dans une enveloppe que l'on doit glisser à l'entrée du camping : la confiance règne (mais la Ranger veille quand même). Un petit tour sur les belvédères du Grand Canyon, cette fois le tourisme est abondant et bien sûr le coucher de soleil sur le Grand Canyon est spectaculaire.


Vingtième jour[modifier]

Visite du grand Canyon. Cette fois, nous sommes vraiment parmis les touristes. Nous suivons la rive Sud, 50 km longent les parois, avec plusieurs points panoramiques. Ensuite, il faut laisser la voiture au village touristique et prendre un petit bus (Il y à cinq millions de visiteurs par an, se qui pose des problèmes de pollution et de circulation. Cela explique les bus) pour poursuivre la visite, c'est-à-dire 8 km de route, avec une halte tous les kilomètres environ. Là encore, il fait très chaud. En fait, on peut donc visiter environ 68 km de parois, alors que le Grand Canyon fait environ 300km de long sur 30 de large avec certaines falaises, dites " abysses " , qui plongent 1000 m dans la Terre.

Grand canyon.gif

Les quelques rares personnes que nous voyons remonter (il faut compter une journée pour monter et descendre) paraissent lessivées comme si elles venaient de traverser un désert. Le soir nous assisterons à notre deuxième coucher de soleil ici. Le rouge de l'horizon et des parois fait toujours son effet.


Vingt et unième jour[modifier]

Départ et retour pour Phoenix (350 km). En cette matinée, le silence règne dans la voiture. On sait que le voyage touche à sa fin, et ça nous blues un peu. Nous arriverons autour de Phoenix vers 15 heures et nous avons donc un peu de temps à perdre. Après avoir repéré un lac proche de Phoenix, nous partons pour une dernière baignade en Arizona. Après avoir payé 5 dollars pour l'entrée du lac, celui-ci nous paraît artificiel. Il est entouré de cactus. Retour sur Phoenix. Nous repassons par des quartiers plus aisés. La ville me paraît moins désagréable qu'à notre premier jour.

Marc manu.gif

Pause dans un bar local, après avoir sympathisé avec 3 jeunes américains nous passons la soirée avec eux. Les Etats-Unis sont qualifiés à la coupe du monde, donc beaucoup suivent les matchs dans les pubs sur des écrans géants. Motel 6, dernière nuit en Arizona.